Defenders Speaking Out: The fear of the Burundian youth hiding in Bujumbura

Version française ci-dessous

– Testimony of a young anonymous human rights defender in Bujumbura

I am a human rights activist who has closely followed the situation in Burundi from April 2015 – when the anti-third term protests against President Nkurunziza began – to the present day. The anti-third term movement brought together Burundians from all walks of life regardless of their ethnicity. However, since April 2015, the repression orchestrated by security forces and the Imbonerakure has been ferocious. After the failed putsch, the repression became increasingly deadly and was supported by hate speech from different members of the authorities, who have not ceased to fuel ethnic tensions.

The youth in so-called “contested” neighbourhoods continue to be hunted. Some are killed, some tortured in order to give up their friends, others are forced to leave the country, and those who have not fled like me do not have a regular home anymore.

I experienced difficult moments, and at times I only just escaped the SNR (National Intelligence Service). Now I am forced to change address, to change neighbourhoods and houses everyday to avoid being followed by the Imbonerakure, the SNR and the police, who kill people, without asking questions, like they have killed my friends.

During the attacks on 11 December 2015 in certain neighbourhoods of Bujumbura, I didn’t expect to survive. The police and military attacked our houses en masse, saying that they were looking for rebels. I saw three policemen and two soldiers pass by my house with a young man who was tied up. I was waiting for my turn, and thank God they were distracted and went to pillage a shop near my home.

On 12 December 2015, when we could come out of our houses, I saw the dead body of the young man who had been dragged past my house the previous day, with bullet wounds in his head. In total, I counted 21 corpses in my neighbourhood. The bodies that were scattered across the streets of my neighbourhood, just like those in other neighbourhoods, were picked up and buried in mass graves outside of Bujumbura.

Armed groups have now emerged and often lead attacks against government forces. Our living conditions have become increasingly difficult. Young people continue to leave Bujumbura – like the students who had to stop their studies – while those who stay live in constant fear, watching the targeted assassination and torture of their friends helplessly.


 

Les défenseurs dénoncent : la peur des jeunes Burundais cachés à Bujumbura

– Témoignage d’un jeune défenseur des droits de l’homme anonyme à Bujumbura

Je suis un activiste des droits de l’homme, qui a suivi de près la situation depuis Avril 2015, du début des manifestations contre le troisième mandat du Président Nkurunziza jusqu’à aujourd’hui. Le mouvement rassemblait les Burundais de toutes les catégories sans distinction ethnique. Cependant depuis Avril 2015, la répression des forces de sécurité et des Imbonerakure a été féroce. Apres la tentative de putsch manquée, la répression est devenue de plus en plus meurtrière et soutenue par des discours de haine des différentes autorités, qui ne cessent d’alimenter les tensions ethniques.

Les jeunes des quartiers dits « contestataires » continuent d’être chassés. Certain ont été tués, torturés pour dénoncer leurs compagnons, d’autres ont été obligés de quitter le pays, et ceux qui n’ont pas fui comme moi n’ont plus de domicile fixe.

J’ai traversé des moments difficiles, et à plusieurs reprises j’ai échappé de justesse au SNR (Service National des Renseignements). Maintenant, je suis obligé de changer d’adresse, de quartier et de maison chaque jour pour échapper à la filature des Imbonerakure, du SNR et de la police, qui tuent sur le champ, sans interrogatoire, comme ils ont tué mes amis.

Lors des attaques du 11 décembre 2015 dans certains quartiers de Bujumbura, je n’espérais pas survivre. Les policiers et militaires ont attaqué nos maisons massivement en disant qu’ils cherchaient des rebelles. J’ai vu trois policiers et deux militaires avec un jeune ligoté passer devant ma maison. J’attendais mon tour, et Dieu merci ils ont été distraits et sont allés piller une boutique près de chez moi.

Le 12 décembre 2015, quand nous avons pu sortir de chez nous, j’ai vu le cadavre du jeune ligoté qui était passé devant chez moi la veille, avec des impacts de balle à la tête. Au total j’ai compté 21 cadavres dans mon quartier. Les corps qui parsemaient les rues de mon quartier, comme ceux des autres quartiers, ont été ramassés et enterrés dans des fosses communes en dehors de Bujumbura.

Des groupes armés se sont maintenant déclarés et mènent souvent des attaques contre les forces du gouvernement. Les conditions de vie deviennent de plus en plus dures. Les jeunes continuent de quitter Bujumbura – comme les étudiants qui ont du suspendre leurs études – et ceux qui restent vivent en cachette, dans la peur constante, assistant impuissants aux assassinats ciblés et à la torture de leurs amis.