Statement & Intervention
HRC33: Intervention orale pendant le dialogue interactif sur le Burundi // Oral statement during the Enhanced Interactive Dialogue on Burundi

Human Rights Council: 33rd Session
Item 10: Enhanced Interactive Dialogue on Burundi

East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project (EHAHRDP)
Delivered by Ms. Margaret Barankitse

English version below

Merci Monsieur le Président.

Le Projet des défenseurs des droits de l’homme de l’Est et la Corne de l’Afrique remercie les experts pour leur rapport. En tant que Burundaise, j’apprécie le travail accompli par les experts pour documenter la grave et inquiétante réalité dans laquelle vit mon peuple aujourd’hui.

Monsieur le Président, nous sommes extrêmement inquiets des violations présentées par la experts, y compris la privation arbitraire de la vie, les disparitions forcées, et les allégations de torture et autres mauvais traitements dans des lieux de détention officiels et non reconnus. Aujourd’hui, la société civile peine à mener des enquêtes sur les graves violations et abus décrits dans le rapport des experts. Les défenseurs des droits de l’homme vivent dans la peur constante ou en exile.

Les violations et abus, commis principalement par des agents de l’Etat, indiquent que le gouvernement Burundais est en train de mener une campagne de répression systématique et constante contre son propre peuple. J’ai vu de mes propres yeux les séquelles des terribles méthodes de torture détaillées par les experts. Je n’ose pas les répéter dans cette auguste salle.

Le gouvernement du Burundi, état membre de ce Conseil, est accusé dans ce rapport de crimes qui pourraient représenter des crimes contre l’humanité.

Monsieur le Président, aujourd’hui ce Conseil doit agir. Un silence de mort s’est installé sur mon pays. Les Burundais meurent, se font torturer, disparaissent sans laisser de trace, et les auteurs continuent en toute impunité. Nous appelons à la mise en place d’une Commission d’enquête en mesure de mener des enquêtes approfondies, d’établir les responsabilités des crimes commis, y compris là où ces crimes peuvent constituer des crimes internationaux.

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Thank you Mr. President.

The East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project thanks the experts for their report. As a Burundian myself, I appreciate the work done by the experts to document the serious and disturbing reality in which my people live today.

Mr. President, we are extremely concerned about the violations presented by the experts, including arbitrary deprivation of life, enforced disappearances and allegations of torture and ill-treatment in official and non-recognised places of detention. Today, civil society struggles to investigate serious violations and abuses described in the report of the experts.

The human rights activists live in constant fear or exile. Violations and abuses committed mainly by agents of the state indicate that the Burundian government is waging a systematic and continued campaign of repression against its own people. I have seen for myself for myself the wounds left by the terrible torture methods detailed by experts. I dare not detail them in this august room.

The Government of Burundi, which is also a Member State of this Council, is accused of crimes that could represent crimes against humanity. Mr President, this Council must act today. A deadly silence has fallen over my country. Burundians die, are tortured, disappear without a trace, and perpetrators continue with impunity. We call for the establishment of a commission of inquiry to conduct thorough investigations, and to establish responsibility for the crimes, including where these crimes may constitute international crimes.